Ca y est ! Nous avons quitté l’Europe et venons tout juste d’arriver au Cap Vert… Notre plus grande traversée pour le moment : 720 miles nautiques parcourus en 5 jours et 9 heures. Ce qui fait une moyenne de 5,60 noeuds, sachant que nous n’avons touché les alizés qu’après 48 H de navigation. Nous espérons faire mieux pour les Antilles !


NOTRE RESSENTI SUR CE DEBUT DE TRANSAT ?
C’est magique – Nous sommes seuls spectateurs de tout ce qui nous entoure…
Un ciel pur avec une palette de couleurs incroyables lors des levers et couchers de soleil. La nuit, des milliards d’étoiles d’une extrême brillance.


Un monde marin vivant sous nos yeux : bancs de gros dauphins surfant dans les vagues. D’autres, probablement en chasse font de sacrés sauts, alors que des bancs de poissons volants scintillant au soleil, survolent la surface de l’eau. Une daurade coryphène bondit à l’arrière de Mangaliz. A l’approche des côtes, un cormoran tropical virevolte autour de Mangaliz pendant des heures et chasse les poissons volants dérangés par notre sillage; il finira la fin du voyage assis sur les panneaux solaires pour digérer… On ne se lasse pas de ce spectacle vivant.


C’est long la nuit – La tombée du jour nous angoisse, peut-être le manque d’expérience ? Et en cette saison, la nuit est aussi longue que le jour, avec une fin de lune au départ des Canaries. Nous avions eu la chance de naviguer entre Madère et La Palma avec la pleine lune, ça change tout ! Mais intégrer ce paramètre à ceux de la météo, deviendrait trop compliqué !
C’est inconfortable – Une belle moyenne signifie un vent soutenu, et donc une mer formée.
Dans cette zone, la houle fraîchement générée par l’alizé naissant, est courte et droite, alors que la houle qui vient des dépressions plus au nord, est longue et ronde. Sur ces houles croisées, les mouvements du bateau sont imprévisibles et parfois brutaux. Il est difficile de prendre les repas sereinement, sans rattraper au vol un verre ou une assiette…
COMMENT OCCUPE-T’ON NOTRE TEMPS EN PLEIN MILIEU DE L’ATLANTIQUE ?
Nous avons organisé les nuits avec des quarts de veille d’une durée de 3 heures. Celui de repos dort dans la cabine habituelle avec ou sans boules quies ! selon les bruits générés par le bateau (moteur la 1ère nuit – dans les molles, bôme et grand voile qui claquent à cause de la houle – par vent soutenu, les surfs de Mangaliz). L’autre contrôle visuellement et sur l’AIS (système de détection) la présence éventuelle d’autres navires : les voiliers que nous voyons vont tous dans le même sens (Cap Vert ou Antilles), quelques pétroliers qui vont et viennent vers le Cap Vert. Celui de quart vérifie aussi le bon maintien du cap et règle les voiles si besoin. Le pilote automatique faisant le reste.
Le jour, chacun vit sa vie (avec toujours un oeil sur la navigation bien sûr) : lecture, mots croisés, sieste, écoute de musique et émissions diverses et variées téléchargées avant de partir, pêche, cuisine quand la navigation le permet, analyse des bulletins météo obtenus grâce au téléphone satellite… et rêveries ! Nous prenons toujours ensemble les petits déjeuners et repas.




Finalement, les journées passent vite… moins les nuits où notre organisme ne demande qu’à dormir !



Un petit retour en arrière pour vous parler des 2 dernières îles des Canaries que nous avons découvertes, avant de partir pour le Cap Vert : La Goméra et El Hierro.
LA GOMERA, l’île ronde et la 2ème plus petite de l’archipel après El Hierro, est tout aussi luxuriante que ses voisines. Montagneuse à souhait, elle abrite en son centre une dense forêt de lauriers (origine de l’ère tertiaire) et culmine à 1487 M. Les barrancos (canyons) sont des coulées de verdure en terrasse jusqu’à la mer, où vignes, bananiers et palmiers sont omniprésents. Les randonnées sont sublimes !










En octobre, la Virgen de Guadalupe est portée en procession d’un village à l’autre, pour protéger les pêcheurs et les marins.


San Sebastian, la capitale de l’île, est une petite ville très vivante où la musique résonne jour et nuit, et son port de plaisance où nous avons aimé séjourner.


Chaque année, part de San Sebastian la régate à la rame la plus difficile au monde : 3.000 miles nautiques pour arriver à l’île d’Antigua. Durée moyenne : 60 jours !


Notre 1ère daurade coryphène pêchée entre La Goméra et El Hierro… La chair est excellente : ferme et goûteuse !

Nous sommes restés quelques jours à EL HIERRO, l’île la moins peuplée des Canaries. Tout aussi spectaculaire que les autres pour ses paysages volcaniques, nous l’avons trouvée à la fois mystérieuse et triste par son calme, sa végétation et la couleur noire de la roche.





Suite à un gigantesque glissement de terrain sur la partie Nord il y a quelques 50.000 ans, le centre est traversé par une falaise incroyable qui coupe l’île en 2 (point culminant à 1501 M, ce qui est important pour une île aussi petite).



Depuis peu, El Hierro est tristement connue pour être la nouvelle « destination » des bateaux de migrants (essentiellement des sénégalais, puis des maliens). De grandes barques en bois sénégalaises arrivent en nombre depuis 1 an, au port de la Restinga (au Sud de l’île). C’est ainsi que 7.000 migrants sont arrivés au mois d’octobre, sur un total de 15.000 depuis janvier. Cette situation devient critique au regard de la capacité de l’île et de ses 8.500 résidents. L’île est peut-être en train de devenir la Lampedusa de l’Atlantique.




… où se trouvait le méridien 0. Au IIème siècle avant J.C., le géographe grec Ptolémée avait considéré El Hierro comme la limite Ouest du Monde. Cette référence sera reprise très longtemps comme repère par les marins, qui établirent la pointe Ouest de l’île comme le point de passage du méridien 0, et ce jusqu’en 1884 où on lui préfèrera le méridien de Greenwich.
Curiosité gustative : la tomate d’arbre, fruit sucré et acidulé à éplucher, au bon goût de tomate et kiwi.


C’est au Cap Vert que l’on se retrouvera pour de prochains articles…
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