Nouveaux rythmes…

Après plus de 5 jours de traversée entre les Canaries et le Cap Vert, quel plaisir de distinguer les côtes de l’île de SAL, et la satisfaction d’arriver au mouillage avant la nuit… Le pavillon de courtoisie du Cap Vert est hissé à tribord, alors que le pavillon jaune est hissé à babord, en attendant de faire les formalités d’entrée dans le territoire.

Le lendemain à terre pour régulariser notre arrivée, on découvre une effervescence incroyable au village de la Palmeira. La pêche est la 1ère ressource des Capverdiens (thons, daurades coryphènes, bonites, barracudas, carangues, murènes) : toute la journée, les bateaux arrivent pour décharger leur butin, les poissons nettoyés et découpés pour être ensuite chargés dans les pick up, et livrés dans les hôtels et restaurants de l’île.

La musique bat son plein, toute la journée, toute la nuit : de la Morna au zouk capverdien (très proche du zouk antillais). Quelle ambiance !

Les capverdiens sont chaleureux et attachants; prêts à rendre service. Tout est possible ici, il suffit de se faire comprendre… Quelques uns parlent français, la langue officielle est le portugais, mais on parle surtout le crioulo (variante du créole teintée de portugais).

Curiosité de l’île, les salines de Pedra de Lume : une résurgence d’eau de mer au fond d’un cratère a permis d’en exploiter le sel – les salines ont vu le jour au début du XIXème avec la création d’une véritable entreprise (extraction du sel et transport), activité qui a duré plus d’un siècle et demi.

Après 3 jours, nous prenons la direction de l’île de BOA VISTA, autre petite île toute plate et désertique (il n’a pas plu depuis 4 ans), réputée pour ses dunes et ses plages de sable blanc.

Triste anecdote : alors que je pars faire quelques photos dans un village, un jeune sénégalais m’aborde pour papoter. Au moment où il découvre que nous voyageons en bateau, il demande de le ramener avec nous en France. Sur quoi, je pense clore le sujet en lui annonçant que nous continuons vers les Antilles. Erreur : il me soudoie pour qu’on l’y emmène… Face à mon scepticisme, il finit par proposer la somme de 2.000 euros ! Mangaliz, bateau de passeur pour clandestins ? Non, rassurez-vous.

Depuis quelques jours, la météo est étonnante : la lumière est opaque du lever au coucher du soleil, provoquée par la présence dans l’air de sable du Sahara… phénomène fréquent à cette période de l’année (en créole, bruma seca).

Les conditions sont « roots » au Cap Vert : pas de port, uniquement des mouillages pas toujours bien abrités – économie de l’eau, encore plus précieuse ici, et utilisation du dessalinisateur pour remplir les vaches à eau – électricité produite par nos panneaux solaires et l’éolienne… Mangaliz recouvert de ce sable orange provenant du Sahara, est rincé à l’eau de mer.

Après la découverte de ces 2 îles plates et arides, 2 autres îles beaucoup plus vertes et montagneuses feront l’objet du prochain article : Sao Nicolao et Santo Antao.

En attendant, nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

4 réponses à « Nouveaux rythmes… »

  1. Avatar de Kermary
    Kermary

    Peux tu nous expliquer le principe des drapeaux de courtoisie? Magnifique cette ile (j’ai l’impression de me répéter à chaque commentaire). Passez de joyeuses fêtes.

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Bonsoir Maryline, par respect pour le pays qui nous accueille, on hisse son drapeau à tribord. Ce n’est pas obligatoire, d’où le terme de pavillon de courtoisie. En revanche, il est obligatoire pour le plaisancier de porter à l’arrière de son bateau, le drapeau du pays d’origine. Bises à toi

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  2. Avatar de veroplou
    veroplou

    Joli reportage sur Sal que nous avons dû zapper …le jeu c’est l’Awale, jeu africain avec des graines sur 6 ou 12 cases ….tu le retrouves largement sur tout le continent. Jolies fêtes à vous. À tout bientôt !!

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  3. Avatar de gabartc
    gabartc

    J’attends avec impatience le reportage sur Mindelo ….
    En 1989 , sur le  » grand marché  » une cap- verdienne m’avait posé un bb dans les bras pour que nous l’emportions avec nous ….3 enfants ou 4 …..nous n’avons pas franchi le pas ….mais 35 ans après je me demande ce qu’est devenu ce bb ….

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