Cela faisait longtemps que nous n’avions pas navigué au prés serré (= vers le vent), avec un bateau à la gîte – allure bien moins confortable qu’au portant (= vent venant de l’arrière). Après 7 heures pour parcourir les 42 miles nautiques qui nous séparent de Saint-Kitts, nous arrivons à l’île de Saint-Barthélémy (Saint-Barth pour les branchés).


Christophe Colomb lui donna le nom de son frère Bartholomeo, explorateur.
Son Histoire est bien différente des autres îles Antillaises. En 1648, quelques dizaines de paysans Bretons et Normands s’installent à Saint-Barthélémy, alors boudée par tous. Rapidement, ils se sont trouvés confrontés à un terrain hostile à l’essor d’une colonie. Un siècle plus tard, malgré un travail acharné de la terre, les habitants ne trouvent plus les moyens de subsister, et quittent peu à peu l’île.
En 1784, la France négocie un droit de commerce dans le port suédois de Göteborg, en échange de l’île de Saint-Barth. A leur arrivée, les Suédois décident de créer un port franc dans la rade protégée de l’île. Est née la ville-port de Gustavia, en l’honneur du roi de Suède. La ville et le port s’enrichissent d’une manière spectaculaire, qui grâce à son statut de port franc, voit transiter tous les navires de toutes les nationalités. On raconta en Suède : « l’or coule à flots du rocher nu de Barthélémy ».

Vers 1850, le déclin économique, les incendies, les ouragans et les épidémies entraînent le départ des Suédois. L’île revient dans le giron des colonies françaises en 1878.
La ville retrouvera un véritable essor à partir des années 60 grâce au tourisme florissant (dragage du port pour accueillir les grands navires, création d’une piste d’atterrissage entre les collines pour relier Saint-Barth aux autres îles). La beauté de l’île fera le reste !


Aujourd’hui, l’île est une collectivité autonome française d’outre mer depuis 2007, et Gustavia toujours un port franc. Contrairement aux autres îles, elle n’a pas connu l’esclavagisme; il n’y a donc pas de métissage.
En arrivant à Gustavia, de prime à bord, nous sommes impressionnés par le nombre de boutiques de luxe (Hermès, Dior, Rolex…) et par la taille des Yachts privés. Et pourtant, l’ambiance reste très sympa et bon enfant entre les milliardaires et les locaux.
La belle ville de Gustavia est un mélange d’architecture française et suédoise.






Yachts de luxe privés avec hélicoptère, terrain de tennis, salon de grand standing…





Un tour de l’île en scooter nous a menés à la tombe de Johnny Halliday enterré dans la ville de Lorient (émouvant même pour les non-fans), et à de superbes points de vue (anse du Colombier, grande saline, baie de Saint-Jean).








Sylvain a le plaisir de revoir un de ses cousins, grand chef dans un relais-château. On y est allé pour un déjeuner sur la plage… on s’est régalé ! Partager avec un résident et recueillir ses impressions, permettent d’avoir une vision plus précise que celle du touriste que nous sommes. Eric expliquait que les Saint-Barthinois ont une mentalité bien différente des autres îles françaises : ils se retroussent les manches après les différents cyclones, sont réactifs pour rebondir au plus vite et n’attendent rien de la métropole. Ils assument leur indépendance et en sont fiers. Malgré la fréquentation très haut de gamme, Eric nous confirme que l’esprit sur l’île reste simple. En revanche, il est de plus en plus difficile de s’y loger, les propriétaires préférant faire de la location saisonnière. Comme souvent sur les îles, la vie y est chère, mais la fiscalité ici est très avantageuse (pas de TVA, exonération totale de l’impôt sur le revenu au bout de 5 ans).

Avant de continuer notre remontée vers le Nord, nous faisons escale à l’île FOURCHUE, sauvage et inhabitée, tapissée d’une espèce endémique de cactus : le cactus « tête à l’anglais ».






Un soir, alors que nous prenions l’apéro, nous remarquons une ligne lumineuse à peine croyable dans le ciel… Après avoir fait des recherches sur le net, nous avons trouvé l’explication : ce sont des satellites Starlink reliés les uns derrière les autres, avant leur mise en orbite ! Ou alors, le ti’punch était vraiment trop fort…

A très bientôt pour de nouvelles découvertes…
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