Les BVI…

Nous quittons Saint-Martin en fin de journée, pour être sûrs d’arriver le lendemain de jour aux Îles Vierges Britanniques. C’est notre première navigation de nuit depuis la Transat, sur une mer un peu houleuse et un vent idéal pour faire du grand largue avec la Grand Voile et le Génois. En début de nuit, quelques grains s’annoncent, nous prenons un ris (réduisons la Grande Voile) par prudence. La lune nous accompagne, mais la nuit devient bien noire quand le ciel se couvre…

Après 90 milles nautiques, nous arrivons à 8h30 à VIRGIN GORDA, première île de l’archipel des British Virgin Island (BVI), qui en comprend 4 principales et une multitude d’îles et îlots.

Une fois les formalités faites au port de Spanish Harbour, nous filons vers le mouillage de Long Bay. Aussitôt dans l’eau, le Capitaine ramène une langouste royale… puis nous enchaînons par une petite ballade pour nous dégourdir les jambes.

Au Nord de Virgin Gorda, un immense lagon Gorda Sound offre de beaux mouillages bien protégés au pied de ses îlots et de ses plateaux coralliens. Le peu de profondeur nécessite une surveillance accrue du sondeur, voire une surveillance à vue !

Au Sud de l’île, un autre site est remarquable, The Baths, où des blocs de granit s’amoncellent pour donner un paysage étonnant…

Un peu d’Histoire – L’archipel des îles Vierges découvert par Christophe Colomb en 1493, a été dédaigné par les Espagnols, plus intéressés par la conquête des territoires riches en or sur le continent sud-américain. Ce qui leur a coûté cher… Les bateaux chargés de leur butin, frôlaient l’archipel des Vierges pour rejoindre les vents portants jusqu’à l’Espagne. Par voie de conséquence, les îles Vierges sont devenues un repaire de flibustiers, majoritairement Anglais, quelques Hollandais et Français. L’activité étant très lucrative, les Anglais se sont définitivement installés fin du XVIIème dans les îles de l’Est de l’archipel (Virgin Gorda, Tortola et Anegada) qui devinrent les British Virgin Islands (aujourd’hui colonie britannique autonome).

Alors que les îles de l’Ouest (Saint-Croix, Saint-John et Saint-Thomas) passèrent successivement sous l’autorité des Hollandais, Anglais, Danois et Français, au gré des guerres… Ces îles qui revinrent au Danemark début du XIXème, furent définitivement cédées aux États-Unis en 1917, et devinrent les US Virgin Islands.

Pendant près de 2 siècles, la ressource économique de l’archipel des Vierges provenait de la culture de la canne à sucre et du coton. A l’abolition de l’esclavage, toutes ces îles ont connu la récession, pour se relever grâce à l’essor du tourisme et du nautisme dans les années 60.

Nous n’irons pas aux US Virgin Islands, car les règles douanières sont compliquées : interdiction d’y arriver en bateau sans VISA; ce qui nous contraint à aller faire les formalités en ferry, puis retourner chercher Mangaliz ensuite…

Nous poursuivons la découverte des îles Britanniques par PETER ISLAND, dans la petite baie de Little Harbour : mouillage à la grecque (ancre à l’avant et amarres à terre sur l’arrière) pour éviter de tourner… Le bêlement des biquettes nous accompagne.

L’île très découpée de NORMAN ISLAND propose plusieurs mouillages dans des baies assez bien protégées. Nous la parcourons à pieds grâce à un chemin entretenu, ce qui n’est malheureusement pas le cas des autres îles aux BVI. Et une séance de plongée en PMT (Palme-Masque-Tuba) s’impose aux îlots de Pelican et Indians : exploration autour de patates de corail peu profondes, le site est assez coloré avec une multitude de poissons.

Dans ces îles Britanniques, nous sommes frappés par l’influence Américaine : tant au niveau de la fréquentation touristique, que de la gestion des infrastructures nautiques… et l’omniprésence du dollar.

Tout est prévu et très organisé pour les gros catamarans loués par les Américains. Les baies sont envahies de bouées, laissant peu de place aux bateaux de voyage pour y poser l’ancre. Les bouées sont à un prix fixe (exorbitant) quelque soit la longueur du bateau !

Un point positif quand même : la présence de bouées gratuites pour quelques heures sur les sites de snorkelling, dans le but de préserver les fonds.

Rejoindre les îles est facile. Elles sont proches les unes des autres, et il y a toujours du vent pour une navigation avec le Génois seul (voile d’avant). La Grand Voile est au repos, nous aussi ! Ainsi, nous arrivons à SALT ISLAND, connue pour ses anciens marais salants.

Nous poursuivons vers TORTOLA, l’île la plus active des BVI, pour une escale au Sud-Ouest à Soper’s Hole. Enfin, nous retrouvons un peu d’animation avec quelques commerces pour l’avitaillement, et des bars-restaus, avant d’aller mouiller à Belmont Bay.

Nous regrettons l’absence de ville ou village à proprement parler. Les zones urbanisées sont principalement des stations balnéaires à l’américaine, avec bars et restaurants très chics, au bord de piscines dans lesquelles les vacanciers trampouillent. Quant à l’alimentation, pour les bons français que nous sommes, c’est un désert culinaire. Même dans les quelques petits supermarchés existants, on ne trouve que des saucisses pour Hot Dog ou des steaks hachés pour Hamburgers; le bacon est vendu au kilo et les œufs à la douzaine; il n’y a pas de pain et très peu de produits frais (fruits et légumes)… Aucun prix n’est affiché, et quand on ose le demander à la caissière, tout est 3 à 4 fois plus cher qu’en Martinique !

Vous l’aurez compris : tout est fait pour le vacancier Américain qui dépense sans compter…

Alors pourquoi ne pas chasser ou pêcher alors que les fonds sont gavés de barracudas, carangues et vivaneaux ? Parce que la ciguatera, toxine présente dans les coraux au Nord de la Guadeloupe et ingurgitée par les poissons, est dangereuse pour l’Homme (troubles digestifs importants et risque de troubles neurologiques graves).

L’île de JOST VAN DYKE, ancien lieu de contrebande très actif, porte le nom d’un pirate Hollandais. Peu habitée, sa principale curiosité est le confetti de sable sur lequel ont été replantés quelques cocotiers après le passage de l’ouragan IRMA en septembre 2017.

Sans oublier les plages paradisiaques de GUANA ISLAND.

Nous découvrons une dernière île complètement différente, ANEGADA. Elle est plate, entourée d’une barrière de corail. Nous profitons d’une météo clémente pour faire tremper la quille de Mangaliz dans ses lagons.

L’étude des cartes et une navigation précise sont indispensables pour ne pas s’échouer. L’unique passage en approche de l’île est flippant : non seulement, il n’est pas en ligne droite, mais le sondeur affiche souvent 2,50 M (notre tirant d’eau est de 2 M). Une fois l’ancre posée dans la zone de mouillage, le sondeur n’a pas décollé des 2,50 M. Satisfaction de breton : l’absence de marée !!!

Une erreur de notre voisin Américain ne pardonne pas (photo 3).

L’île est tellement gavée de langoustes, que les restaurants en proposent sous forme de tacos !

Un tour de l’île en scooter…

IRMA a fait d’énormes dégâts, et encore aujourd’hui, le temps est à la reconstruction (complexes hôteliers, pontons d’accueil pour les plaisanciers). De surcroît, l’absence de vie locale confère aux BVI une ambiance assez étrange.

De même, les fonds marins sont pauvres, très endommagés par l’ouragan. Quelques photos comme promis…

Nous avons profité de 24H de grosses pluies, pour élaborer un récupérateur facile à mettre en place… Après 1 mois aux BVI, nous en repartons avec les 2 vaches à eau et toutes les bonbonnes pleines. Le dessalinisateur n’a tourné que pour l’eau à boire.

Une dernière langouste avant de partir…

…et retour vers le Sud des Antilles pour la période cyclonique !

A très bientôt !

5 réponses à « Les BVI… »

  1. Avatar de Kermary
    Kermary

    Merci encore pour toutes ces photos. Ah la langouste mon palais se souvient encore de celle déguster sur un bateau en république dominicaine il y a 20 ans. 3 ans déjà de voyage joyeux anniversaire.

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Merci Maryline ! Le temps passe si vite… Nous t’embrassons

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  2. Avatar de Lucilla
    Lucilla

    Allô les amis français,

    votre blog fait rêver!

    Bon anniversaire flottant.

    Salut de Astipalea

    Lucilla

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Andrea et Lucilla, nous sommes heureux de vous lire. Profitez bien de votre saison en Grèce, nous avons parfois des petits moments de nostalgie…. Nous savons que nous y retournerons ! Grandi baci

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  3. Avatar de veroplou
    veroplou

    Que de belles photo et sûrement de beaux souvenirs vous allez emporter ! Sur vos traces, nous nous sommes un peu retrouvés, même si nous n’avons pas fait les mêmes îles. Par contre, zut zut nous avons raté les langoustes 🦞🤣 !! Ces îles vierges sont sublimes ! Bonne continuation et Joyeux Anniversaire ! 3 ans déjà !!

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