Saint-Lucia

Après 4 jours au mouillage du Marin (Martinique) pour bricoler sur le bateau et quelques séances d’initiation au wingfoil pour Sylvain dans la vaste baie de Sainte-Anne, nous reprenons la mer en direction des Antilles du Sud, normalement moins touchées par les événements cycloniques. Enfin, on l’espère !

Plusieurs cormorans tournent autour du bateau pour pêcher les poissons volants que l’on dérange sur notre passage. Leurs piqués vers la mer nous impressionnent.

La traversée entre la Martinique et Sainte-Lucie est courte – 22 milles nautiques – mais le canal entre les 2 îles peut être venté. Par anticipation, nous partons avec 2 ris dans la Grand Voile et le Génois enroulé. Le vent d’Est entre 15 et 20 noeuds nous emmène à Sainte-Lucie pour le déjeuner, et mouillons dans la grande baie protégée de Rodney Bay.

Nous y sommes accueillis par un boat-boy proposant à la vente fruits et légumes. Puis en attendant de régulariser notre entrée sur le territoire de Sainte-Lucie, nous hissons le drapeau jaune et le pavillon de l’île symbolisant les Deux Pitons, l’emblème nationale.

En allant faire les formalités d’entrée, on traverse une Marina joliment construite, arborée et animée avec moultes bars et petits restos fréquentés par les St-Luciens. Après 4 mois de mouillage à emprunter l’annexe pour aller à terre, on se fait un petit plaisir : amarrage de Mangaliz à la Marina pendant 2 jours, le temps de découvrir les alentours…

La presqu’île de Pigeon Island avec à la pointe, le Fort Rodney construit par les Britanniques au XVIIIème siècle, offre de beaux points de vue.

Un peu d’Histoire pour nos lecteurs intéressés : jusqu’au milieu du XVIIème siècle, les habitants Caraïbes ont repoussé toute tentative de colonisation et sont restés maîtres de leur île. Après avoir massacré une colonie anglaise en 1639, ils ont fini par accepter un traité avec les Français en 1660. À partir de cette époque, les Anglais et les Français n’ont cessé de s’affronter, et Sainte-Lucie s’est vue changer de mains plus de 14 fois… pour devenir britannique début XIXème !

Sainte-Lucie devient un État indépendant le 22 Février 1979.

Un petit tour à Castries, la capitale que l’on rejoint en taxi collectif (mini bus qui part quand il est plein et qui s’arrête où l’on veut sur la ligne), nous fait découvrir une ville très vivante, où cohabitent quelques anciens bâtiments coloniaux et les cases typiquement créoles.

Le grand marché couvert est une mine pour acheter fruits et légumes locaux.

Alors que nous déambulons dans les rues, sommes attirés par des chants religieux assez rythmés… la cathédrale (construite en 1897) est pleine : une cérémonie funéraire s’y déroule en l’honneur d’un ancien Amiral.

La population de Sainte-Lucie est d’origine africaine, parlant l’anglais et un patois très proche du créole français. On est surpris de lire en français des noms de ville, de quartier ou de rue (Gros îlet, Anse de choc, Anse cochon, Grand cul de sac) qui restent l’emprunte de la présence française.

Comme nombreuses de ses îles voisines, après l’abolition de l’esclavage, la canne à sucre a été remplacée par d’autres cultures plus nourricières (ici, essentiellement la banane et le cacao). Quant au tourisme, il est en plein essor depuis quelques années… mais les villages restent encore authentiques, à notre grand plaisir. On y sent la marijuana à chaque coin de rue…

Avant de quitter Sainte-Lucie, nous descendons vers le Sud pour y découvrir ce qui est devenu l’emblème national de l’île : les Deux Pitons… aiguilles volcaniques jaillissant de la mer. Nous nous amarrons à une bouée, obligatoire dans la caldeira du volcan de la Soufrière (la dernière éruption date de 1766).

Petite excursion pour visiter la Diamond Fall, au pied du volcan, dans un luxuriant jardin botanique…

Les Saint-Luciens sont d’une grande gentillesse, serviables et très accueillants. Ils sont souvent curieux de connaître notre nationalité, et lient facilement la conversation. Ils ne sont pas encore pervertis par le tourisme…

La volonté de sensibiliser les populations est bien présente, mais malheureusement, on observe encore beaucoup trop de déchets à terre comme en mer (sachets, bouteilles plastiques, canettes, mégots, etc).

A bientôt sur l’île de Saint-Vincent pour de nouvelles découvertes…

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