Après avoir terminé notre mission avec les associations caritatives, nous quittons le port de Saint-Georges pour aller explorer les « trous à cyclone » au Sud de Grenade. En arrivant, nous sommes effarés par le monde, et avons quelques difficultés à trouver un endroit pour poser l’ancre…
S’il y a un autre cyclone à venir, ce n’est clairement pas ici que l’on viendra se protéger : un abri encombré est un danger !



Nous profitons du mouillage sans houle (gros avantage de la mangrove) pour réparer l’annexe. C’est la 3ème fois que le fond en aluminium se décolle des boudins. Le collage est rapide; le séchage beaucoup plus long (48H sans bouger du bateau)… On se repose des derniers jours survoltés (on n’a plus l’habitude !), on lit, on écoute de la musique et les actualités… croustillantes en France.
L’île de Grenade, découverte par Christophe Colomb lors de son 3ème voyage (en 1498), fut baptisée ainsi par les navigateurs espagnols, comparant ses sommets verdoyants à ceux dominant la ville andalouse de Grenade. Elle est aussi appelée l’île aux épices.


Pour faciliter la visite de l’île (à pieds et en transport en commun), nous retournons au port de Saint-Georges pour y rester une semaine, le temps de visiter la capitale, quelques villages de pêcheurs, le musée de la noix de muscade, et randonner…


Au fond de son abri naturel, la capitale très animée autour de marchés quotidiens (poissons et fruits/légumes), présente quelques beaux bâtiments de l’époque coloniale, ainsi que plusieurs églises.




L’île fête les 50 ans de son indépendance, après être passée à plusieurs reprises sous domination britannique (à partir de 1600), puis française (de 1650 à 1762), et à nouveau britannique… On retrouve partout les drapeaux aux couleurs de Grenade.



Tous les jours à l’entrée du port, une file de camions attend pour charger les matériaux de reconstruction à destination de l’île de Carriacou…

L’île produit du cacao… découverte de la maison du chocolat avec dégustation (glace chocolat-coco, brownie, thé au cacao). Un délice !





Grâce à l’important réseau de taxis collectifs, on peut aller partout sur l’île. C’est super pratique ! avec une ambiance locale et toujours en musique.


Au gré des différentes lignes, nous partons à la découverte de quelques villages de pêcheurs comme Gouyave et Grenville. Ils sont toujours aussi colorés, avec une nouveauté : des sons musicaux que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. De ci, de là, on assiste à une répétition ou à un concert de Steel drum : instrument de percussion traditionnel originaire de Trinidad, fabriqué à partir de bidon en métal. C’est bluffant !





Grâce à un excellent musée dans le village de Victoria, nous apprenons le processus de traitement de la noix de muscade, introduite par les anglais en 1782 (on la retrouve sur le drapeau de Grenade).
Celle-ci pousse sur le muscadier (haut de 10 à 15 M) et est ramassée lorsque le fruit commence à s’ouvrir. Tout y est récupéré.


La peau extérieure est transformée en marmelade.
La peau rouge intérieure (le macis) une fois séchée, est utilisée comme épice pour la cuisine, ou pour conserver salami/saucisses et produits cosmétiques.
La coque qui enveloppe la noix elle-même, sert pour les allées et les massifs.



Malheureusement, la production de noix de muscade a été divisée par 2, suite au passage de l’ouragan Ivan en 2004. Et cette année, Béryl aurait fait encore de gros dégâts dans les plantations que l’on n’a pas pu visiter.
De même, les chemins de randonnée rendus impraticables par la chute d’arbres, sont peu à peu nettoyés. Nous partons au mont Qua Qua (713 M) sous le soleil, et faisons le retour sous une pluie battante… Nous reviendrons, l’île étant réputée pour ses réserves naturelles et ses chemins de rando.



Avant de quitter Grenade, un petit tour à la plus belle plage de l’île… Grande Anse.


Sur la route du retour pour Saint-Vincent-et-les-Grenadines, nous faisons une escale à mi-chemin sur l’île de Carriacou, où l’oeil du cyclone est passé.
Tyrell Bay est devenu un village fantôme; le lendemain du passage de Béryl, les habitants ont été évacués sur d’autres îles. Dans les 2 ports à sec, les bateaux n’ont pas résisté à la violence du vent enregistré à 240 km/h. La mangrove et les bateaux venus s’y abriter, ont été détruits par une submersion marine brutale, haute de 5 M.





Pour l’heure, les insulaires en sont à la reconstruction avec les matériaux qu’ils reçoivent de Grenade. Alors que les plaisanciers récupèrent ce qu’ils peuvent à bord; d’autres essaient de sortir leur bateau de la mangrove.
Nous reprenons la mer, l’esprit embrumé et le coeur lourd…
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