Nos papilles gustatives ont un grand besoin de se ressourcer, après 2 mois passés dans toutes ces îles où la cuisine est répétitive (poulet, daurade coryphène, riz, bananes plantain, igname…). Pour de bons franchouillards comme nous, les supermarchés sont d’une pauvreté criante : boîtes de conserve en tout genre, poulet et porc congelés, poissons surgelés (on y trouve même du saumon, une hérésie !). Le fromage est inexistant (ah si, il y a du cheddar), pas de viande rouge ni charcuterie… Heureusement, on trouve partout de petits stands de fruits et légumes locaux délicieux, mais ce n’est pas suffisant pour nous contenter. Bref, nous décidons de retourner en Martinique pour une longue escale gastronomique… une remontée en mode cabotage.
Nous quittons l’île dévastée de CARRIACOU (État de Grenade) pour l’île de BEQUIA très peu touchée par Béryl (Etat de Saint-Vincent-et-les-Grenadines).
Après 7H de navigation au près avec 2 ris dans la Grand Voile et un Génois enroulé, nous mouillons dans la grande baie d’Admiralty Bay, devant la ville typique de Port Elizabeth.



Que de souvenirs ici… En 2013, lors de vacances avec des copains sur un catamaran de location, nous y avons rencontré un couple de sexagénaires bretons qui revenait de 3 ans autour du monde à bord de leur monocoque. Apéro sur le cata, récits de leur voyage, conseils de pêche… soirée très agréable et riche, pour nous qui commencions à envisager un tel voyage ! 2 ans après cette belle rencontre, le hasard de la vie fera que nous achèterons leur bateau. Nous le baptiserons Mangaliz (contraction de mangue et alizé).






La musique est omniprésente, comme ailleurs aux Caraïbes. Elle est diffusée dans tous les bars et restos. De plus, il est fréquent de croiser un jeune avec son enceinte portative JBL, volume à fond. Mais ce n’est pas (ou plus) la musique traditionnelle entraînante que l’on entend dans les îles françaises (Zouk, Soca…), qui donne envie de se dandiner. Sur l’ensemble des îles que l’on a parcourues, des Îles Vierges Britanniques au Nord à Grenade au Sud, on entend partout cette musique électronique, qui casse la tête ! D’autant qu’elle est diffusée à très haut volume… Nous avons souvent la nostalgie de la musique Capverdienne, que l’on adorait entendre partout… et que l’on écoute souvent à bord…

En cette période de l’année, on est surpris par la grosse affluence américaine sur l’eau. Les plaisanciers européens se comptent sur les doigts de la main… D’ailleurs, on retrouve avec grand plaisir notre bateau-copain allemand, que l’on avait quitté à Rodney Bay pour la livraison à Grenade. Nous passons une dernière soirée ensemble avant qu’ils ne partent pour la Colombie…



En ce jeudi 1er Août, quel calme ! Tous les ferrys sont au port, la plupart des bars sont fermés, ainsi que les supermarchés… Peu de monde dans les rues, quelques plaisanciers qui déambulent, surpris par la quiétude de Port Elizabeth. On se renseigne auprès d’un habitant qui nous annonce fièrement que c’est « Emancipation Day » (comprendre, le jour de la célébration de l’abolition de l’esclavage). Étonnant qu’aucune manifestation ne soit organisée en ce jour férié.


Les ondes tropicales fréquentes en été (au moment où nous publions, le NHC enregistre la 31ème), déversent de grosses pluies, souvent accompagnées de vents violents. On en profite pour remplir nos réservoirs…

Après BEQUIA, continuant notre remontée vers le Nord, nous découvrons un mouillage sauvage sur l’île de SAINT-VINCENT : Petit Byahaut. Pas d’habitation, ni restau, ni bar. Juste le chant des oiseaux en journée, et le bruit des insectes dans une nuit noire sans lune. Un peu flippant !



Nous avons oublié de vous parler de nos casques Bluetooth, achetés en France l’an dernier. Loin d’être un gadget, ils sont très utiles pour les manœuvres de port et la prise de mouillage. D’une part, on se parle mieux sans être obligé de brailler entre l’avant du bateau et le poste de barre, et on se donne plus d’instructions dans la sérénité…

Arrivés en Martinique… la côte de boeuf n’est pas loin !

En cette période cyclonique, nous comptons les tempêtes tropicales. À aujourd’hui, nous en sommes à 5 (Alberto, Béryl, Chris, Debby, Ernesto). Seule Béryl (ouragan catégorie 5) nous a directement concernés, les autres passant plus au Nord de la zone.
Pour la tempête en cours actuellement (elle est en train de remonter sur les BVI), nous nous sommes mis à l’abri dans la grande baie du Marin. A 5H30, un grain soudain et violent nous réveille en sursaut… On vient d’attraper la queue d’Ernesto, elle fouette fort… Mangaliz dérape (nous n’avions pas mis assez de chaîne), et l’ancre ne veut plus crocher… Nous manœuvrons rapidement sous une pluie battante et par 30 nœuds de vent, pour remonter l’ancre et la replanter un peu plus loin (preuve à l’appui, les casques ont été d’une aide précieuse). Bilan de l’opération : les lunettes de vue du Capitaine sont par 10 M de fond… Mais le pire a été évité, vu le nombre de bateaux tout autour de nous. Le second a bien assuré à la barre.
La saison n’est pas terminée, nous suivons l’activité cyclonique plusieurs fois par jour.

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