Avant de quitter la Martinique pour les Grenadines, nous laissons passer une onde tropicale qui a déversé pendant 2 jours, une quantité d’eau incroyable. Les Martiniquais subissent d’importantes inondations, de nombreuses routes sont coupées, plusieurs habitations écroulées suite à des glissements de terrain, des arbres à terre…
Pendant ce temps, nous attendons patiemment une accalmie au mouillage de l’Anse à l’âne, et y retrouvons un bateau français qui a traversé en même temps que nous entre Saint-Martin et les BVI, en Avril dernier. Philippe et Roselyne se rendant aux Grenadines aussi, nous proposent de descendre ensemble. Un cochon grillé est prévu en fin de semaine à Cumberland Bay, sur l’île de Saint-Vincent !
Une fois le beau temps revenu, nous voilà partis à 3 bateaux pour le Sud des Antilles : Mangaliz accompagné de 2 catamarans, n’est pas sectaire !


Re-formalités d’entrée pour Saint-Vincent-Et-Les-Grenadines, au bureau de Châteaubelair où les douaniers commencent à nous connaître ! puis une superbe escale dans l’étroite Baie de Cumberland. Par conséquent, le mouillage y est particulier : l’ancre à l’avant et l’amarre arrière entourée autour d’un cocotier, empêchent les bateaux de tourner. Au programme, chasse sous-marine, lecture, farniente, apéros… Le cochon grillé a été une grosse déception : on s’attendait à une bête bien dodue tourner autour d’une broche… on a trouvé des morceaux de cochon coupés n’importe comment à la machette et pas assez cuits. Nous ne sommes définitivement pas au pays de la gastronomie !




Lors d’une balade à terre, nous croisons un habitant portant un tee-shirt au logo du Crédit Agricole… le contact est créé !



Nous passons une bonne partie de l’après-midi à une répétition musicale, au répertoire varié de reggae et pop… Ambiance hyper sympa et accueil chaleureux. Avant de partir, nous payons un coup aux musiciens en remerciement de nous avoir acceptés parmi eux. Avoir du temps, nous permet de vivre ces moments uniques.
Cap sur les Grenadines… L’archipel s’égrène entre l’île de Saint-Vincent au Nord et l’île de Grenade au Sud. Le secteur a connu des luttes franco-anglaises importantes pour conquérir les îles principales. Les îles des Grenadines n’avaient alors qu’un intérêt stratégique (petites et sèches, elles étaient difficiles à exploiter). Toutes devinrent définitivement anglaises en 1783. Puis indépendantes en 1979 suite à un référendum.
L’île de MOUSTIQUE (surnommée l’île des milliardaires) est la première dans laquelle nous mouillons, bouée obligatoire. Elle est connue pour ses résidences secondaires appartenant à David Bowie, Mick Jagger, Brian Adams, Jérôme Seydoux… la Princesse Margaret étant la 1ère à y faire construire sa maison de vacances dans les années 60 (après avoir reçu en cadeau de mariage une parcelle de terre !), démarchée par un promoteur écossais.




La visite de l’île en solo est interdite, nous prenons donc un taxi pour en faire le tour. On apprend que 110 maisons y sont construites dont 90% mises en location saisonnière à un prix exorbitant. 250 locaux habitent ici à l’année, alors que 1200 salariés provenant de Saint-Vincent y travaillent pour que l’île soit nickel ! Il y règne une ambiance étrange; nous n’avons croisé aucun enfant (alors que bibliothèque, écoles maternelle et primaire ont été financées par les milliardaires), tout le monde s’affaire telle une fourmilière, car tout doit être prêt pour Décembre, début de saison.
L’absence d’eau douce impose de dessaliniser l’eau pour pouvoir y vivre ! No comment…
Une nuit, nous avons eu la drôle de surprise de croiser à l’intérieur du bateau 2 chauves-souris, attirées par l’odeur des bananes. Un coup de lampe frontale les a faites fuir sans faire de dégâts…
Le superbe archipel des Grenadines, composé de petites îles volcaniques entourées de bancs de coraux, a malheureusement été durement touché par l’ouragan Béryl au 1er Juillet. La végétation, qui faisait de ces îles de petits paradis tropicaux, est à certains endroits détruite, les palmiers couchés ou en très mauvais état. Quant aux villages dans les îles les plus touchées, ils sont en cours de reconstruction.
C’est le cas de l’île de CANOUAN que nous parcourons à pieds. Les locaux que nous croisons, affairés à reconstruire, sont très contents de nous voir. Ils disent espérer que le tourisme reparte rapidement… Un ancien nous avoue n’avoir jamais vu un cyclone d’une telle violence.




L’ambiance est particulière : nous sommes les seuls touristes et les habitants semblent contents de papoter avec nous. En revanche, les deux restaurants ouverts sont réquisitionnés pour nourrir les ouvriers qui travaillent sur l’île… mais nous avons pu déjeuner comme eux dans une barquette en polystyrène.
Le clou des Grenadines : les TOBAGO CAYS, composés de 5 Îlots inhabités, entourés de récifs coraliens, dans une eau turquoise… Inutile d’en dire plus !






En ce 21 Septembre, l’arrivée de l’automne n’a pas la même tonalité qu’en Europe. Aux Antilles, on sait que nous allons vers le meilleur : il fera beaucoup moins chaud, avec quelques averses sporadiques (et non plus ces ondes tropicales, impressionnantes par la quantité d’eau qu’elles déversent en très peu de temps). Seul inconvénient, les journées vont raccourcir : en Décembre, il fera nuit à 18h (au lieu de 19h en Juin) !
Et depuis le début du mois, les airs sont emplis de milliers de papillons blancs, à terre et en mer. Etonnant !
Courte escale à l’île de MAYREAU, très endommagée aussi. La musique a laissé la place au son des visseuses, marteaux, scies électriques, tronçonneuses… Nous avons reçu un accueil beaucoup plus distant, alors qu’il ne reste plus aucun bar ni restau sur cette île dont l’ambiance était très appréciée des plaisanciers en saison. Une sensation de fin du monde, avec des habitants complètement abasourdis par ce qui leur est arrivé. La reconstruction de ces îles est d’autant plus difficile que la chaleur est suffocante.






UNION, l’île la plus touchée par l’ouragan, n’a pas encore rétabli son réseau électrique. Nous restons discrets et n’allons pas à terre. Nous mouillons dans une baie au paysage accidenté comme on les aime (Frégate Island), en face du village de Ashton. A la nuit tombée, peu de lumières scintillent dans le village; probablement est-il encore évacué…



Pour finir notre périple aux Grenadines qui laisse un goût amer après le passage de Béryl, nous profitons d’une météo particulièrement calme pour passer quelques jours dans une incroyable piscine : entre les îles minuscules de PETIT SAINT-VINCENT et PETITE MARTINIQUE…





Alors que les cata-copains descendent à Grenade, nous remontons vers l’île de BEQUIA, pour un retour en Martinique. On en profite pour refaire le plein de produits frais, bien que les locaux nous expliquent que Béryl a détruit de nombreuses cultures. On ne trouve plus de bananes, et les fruits et légumes sont devenus très chers à cause de la pénurie (bien plus chers qu’en Martinique !). On apprend que les hôtels commencent à avoir de nouvelles réservations pour la prochaine saison, mais ignorent comment ils vont assurer la restauration…



Un plaisir simple mais délicieux… la baignade après le petit déj !
Conformément aux prévisions, la saison cyclonique est très active. On enregistre en ce moment en Atlantique, plusieurs cyclones en formation, par semaine. Tous montent vers le Nord-Ouest et épargnent les Antilles. Mais la Floride prend cher cette année, et l’ouragan Milton s’annonce catastrophique.
HOMMAGE A WADI RHUM pour nos lecteurs qui l’ont connu et/ou navigué dessus… A l’île de CARRIACOU, en arrivant à Tyrell Bay, on retrouve incrédule, notre premier bateau vendu en Bretagne il y a 8 ans. Facilement repérable par la peinture rose que sa nouvelle propriétaire lui a « collée » à la coque, on s’en approche et constatons son très mauvais état. Inoccupé, nous cherchons des informations, et apprenons par le bateau voisin (son compagnon), qu’il a coulé dans la mangrove au moment du passage de Béryl… Le Capitaine est dépité, lui qu’il l’a tant choyé. On espère que la vie de Wadi Rhum ne s’arrêtera pas là.

Cap sur la Martinique où nous allons accueillir Nolann, le neveu de Sylvain, qui vient passer une semaine de vacances à bord.
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