Dominica (2)

L’île de la Dominique…

Que nous avons tant aimée il y a 15 ans lors de vacances « sac à dos ».

Que nous n’avons pas eu le temps d’apprécier en Février dernier, à cause de la dengue qui nous a terrassés. Article publié le 11 Mars, que vous pouvez consulter en cliquant ici : Dominica (1)

Nous y retournons avec hâte pour la redécouvrir, randonner et côtoyer les Dominiquais qui sont d’une gentillesse rare.

Après avoir fait les formalités de sortie EN LIGNE (le système a évolué en 1 an), nous quittons le mouillage de Saint-Pierre à la Martinique. Une navigation tranquille à la voile nous fait arriver à ROSEAU (capitale de la Dominique) en début d’après-midi. Nous régularisons notre entrée auprès des autorités, et payons un surcoût en ces jours fériés célébrant l’indépendance de l’île (3 novembre 1978). En ce dernier jour de festivités, tout est très calme.

Architecture typique des constructions avec leur balustrade :

Les plus belles randonnées sont au Sud. L’idée de départ était de rayonner à partir de Roseau, en empruntant les mini-bus locaux. Mais les mouillages ne nous ont pas convaincus :

  • le beau mouillage devant la ville impose un amarrage sur bouées, qui d’après l’application Navily, ne sont pas entretenues !
  • le seul mouillage possible à l’ancre est proche du port de commerce et n’est pas vraiment « sexy ».

Nous prenons donc l’option de rejoindre la grande baie de PORTSMOUTH au Nord, et d’y louer une voiture pour plusieurs jours.

Accueillis par un dauphin qui nous fait la fête (toute sa famille aurait été tuée par les orques), nous voilà de retour à ce mouillage que l’on connaît bien…

Nous avons le plaisir de retrouver les boat-boys, et surtout Providence qui en Février dernier, venait deux fois par jour au bateau prendre de nos nouvelles et apporter du gingembre et du curcuma frais de son jardin, pour booster nos défenses immunitaires…

Un matin, il arrive avec un bateau flambant neuf. Il l’a construit lui-même et vient tout juste de le mettre à l’eau pour la saison qui redémarre. À 10H du mat’, on est au p’tit punch pour son baptême…

Après une nuit blanche causée par une grosse houle entrant dans la baie, nous allons à terre prendre un petit déjeuner typique (sandwich à l’omelette dans un petit pain rond frit). On en profite pour faire le marché de produits locaux (tomates, avocats, choux-pomme, salades, courgettes, aubergines, racines diverses et variées, piments, épices en tout genre, fruits de la passion, pamplemousses, ananas, bananes, oranges, melons, pastèques). La culture est abondante sur l’île, rien n’est importé. Du bonheur !

La grosse houle générée par Béryl a détruit les pontons en bois aménagés pour l’amarrage des annexes. Par conséquent, on n’a pas d’autre choix que de porter la nôtre sur la plage pour aller à terre, ce qui implique de se déplacer avec le petit moteur, plus léger mais plus vieux et capricieux. La mer redevenue plate, le capitaine s’attelle à le réparer… avec succès.

Après l’avoir remontée en bateau (de pêche) en Février dernier, on longe à pieds l’Indian River qui dévoile ses arbres spectaculaires, dotés de racines tentaculaires. Une œuvre d’art !

Comme convenu, la voiture est louée pour 4 jours. Cela nécessite d’avoir un permis dominiquais : un papier établi à la police municipale, à partir du permis de conduire français. Le plus compliqué reste à faire : conduire à gauche sur des routes étroites, empruntées par des fous du volant…

Partis pour une première journée, nous découvrons des sites totalement aménagés pour les touristes… ce qui n’était pas le cas il y a 15 ans, où il fallait vraiment crapahuter !

Le mouillage de Portsmouth étant sûr (abrité et en sécurité), nous y laissons Mangaliz pour 48H, ainsi que notre vieille annexe sur la plage. La location d’une chambre dans un gîte va permettre des randos plus longues dans le Parc national du Morne Trois Pitons… et de dormir dans un vrai lit !

Freshwater lake, le plus grand lac de la Dominique, situé à 760 M d’altitude (utilisé pour produire une partie de l’électricité)…

… et Boeri lake, le plus élevé avec une altitude de 869 M.

Une autre randonnée nous fait traverser une forêt peuplée d’arbres gigantesques aux troncs photogéniques (essentiellement des Gommiers Blancs utilisés par les indiens caraïbes pour construire leurs bateaux), avant d’arriver à la cascade la plus haute de la Dominique (90 M) : Middleham falls.

Et pour finir, la randonnée mythique de la Dominique : Boiling lake. Le 2ème plus grand lac en ébullition du monde, avec une température de l’eau dépassant 82°C (à 800 M d’altitude). Assez ardue, elle se fait en 7H aller/retour.

Après ces superbes randonnées au milieu de forêts luxuriantes au son des cascades, nous rentrons au bateau. Sur la route du retour, on s’arrête dans une boulangerie. Les patrons, reconnaissant notre accent français, ferment la porte de leur boutique et prennent un air grave… Ils nous expliquent en anglais avec un accent difficile à comprendre que leur fils, accompagné de sa femme et de leurs 2 enfants (2 et 5 ans), sont partis s’installer en France l’été dernier. Ils viennent d’être expulsés de leur logement. Les parents les ont en ligne chaque jour sur Whatsapp, mais ne connaissent pas précisément leur localisation en France. Nous repartons avec leurs coordonnées téléphoniques, sans trop savoir comment les aider, et rentrons en contact avec eux.

Nous apprenons alors qu’ils sont venus en France avec une promesse d’emploi; promesse tenue, puisqu’ils ont travaillé tout l’été… mais probablement en saisonnier. Aujourd’hui, sans travail, ils se retrouvent sans toit. Basés à Saint-Nazaire, nous leur avons communiqué le nom d’associations susceptibles de les aider localement, mais vraisemblablement, ils ont déjà bien avancé dans leurs démarches (ils sont en relation avec la CAF, les enfants sont scolarisés, les parents prennent des cours de Français). À l’arrivée de l’hiver qu’ils ne connaissent pas, nous leur souhaitons bonne chance.

La bourgade de Saint-Joseph et la boulangère (qui n’accepte pas les crédits, comme indiqué avec humour) :

La pointe Sud-Ouest de la Dominique offre des paysages de toute beauté avec la baie de Soufrière dominée par le village de pêcheurs de Scotts Head.

Les taxis les plus honnêtes au monde sont à la Dominique ! Un samedi soir, alors que l’on cherche un endroit branché pour faire la fête avec les locaux, nous interpellons un taxi qui très gentiment, se propose de nous y emmener à un prix défini à l’avance (pas cher). Arrivés sur place, aucun client, aucune ambiance. Notre taxi adorable, fait le tour de tous les coins « branchés » de Portsmouth, en vain : il finit par nous expliquer que l’on est trop tôt, que les soirées ici commencent vers 22H. Soucieux de nous satisfaire, il change de village de l’autre côté de Portsmouth et nous dépose dans un bar-restaurant où les clients ne sont que des Dominiquais, avec en prime un concert de reggae. Nous le payons pour la course effectuée, à peine plus chère que celle annoncée au départ ! Pour le retour, on avisera. Le patron du lieu, et chanteur, est aussi en cuisine ! Finalement, notre charmant taxi est resté toute la soirée à vibrer au rythme du reggae, en partageant des bières avec nous, avant de nous ramener au mouillage… pour rien.

Mais inévitablement, cette île va changer. Le gouvernement mise sur le développement de l’éco-tourisme. A ce titre, deux gros chantiers sont en cours :

  • la construction d’un aéroport international (pour une ouverture en 2027) initiée par la Chine, la seule à avoir apporté son aide après le cyclone Maria qui a détruit la Dominique en 2017
  • la construction du plus grand téléphérique au monde (6,6 kms) pour survoler la vallée de Roseau et y admirer les nombreuses cascades… et accéder à Boiling lake sans effort, en seulement 20 minutes. No comment !

L’aéroport international fait polémique : aucun Dominiquais ne participe à sa construction; l’entreprise chinoise est arrivée avec tous les corps de métier, y compris les chauffeurs de camion, alors que la compétence existe ici. Mi-novembre, un mouvement social a manifesté son mécontentement, mais il n’a duré que quelques heures, avec peu d’effet (les Dominiquais sont sans doute trop gentils).

Alors que la construction du téléphérique dirigée par une entreprise autrichienne, aurait généré une centaine d’embauches de Dominiquais, et autant prévues à l’ouverture de la structure.

Avant de quitter la Dominique, on fait une dernière rando… cette fois équipés de bouteille d’air comprimé sur le dos ! Avec le club de plongée de Portsmouth, nous partons découvrir les fonds de la baie de Douglas. Deux belles plongées (22 M) riches en coraux mous et durs, de toutes les formes et toutes les couleurs, ainsi que des bancs de gros barracudas et d’énormes vivaneaux, à en rendre fou Sylvain !

NB : nous avons de gros progrès à faire en photo sous-marine.

En ce 30 Novembre, nous fêtons la fin de la période cyclonique, avec la bière qui porte bien son nom, conservée depuis Grenade pour l’occasion.

Excepté Béryl qui a frappé violemment les Grenadines, la saison cyclonique a été cool. Les avantages sont nombreux :

  • moins de monde dans les mouillages
  • des pluies abondantes mais qui ne durent pas longtemps, idéales pour remplir les vaches à eau
  • du vent faible à modéré, sympa pour les navigations.

En revanche, il a fait très chaud !

Depuis une quinzaine de jours, les températures baissent (de 32°C à 26°C), ce qui est beaucoup plus agréable. La nuit, on supporte le drap… Couette en Janvier prochain ?

Prochaines destinations : Marie-Galante et la Guadeloupe, alors que 2 trimarans s’élancent pour le Trophée Jules Verne.

8 réponses à « Dominica (2) »

  1. Avatar de Kermary
    Kermary

    En 15 ans vous avez dû voir beaucoup de changement effectivement. Une chambre d’hôte c’est bien mais avez vous eu l’impression de continuer à tanguer toute la nuit?

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Non, nous avons dormi comme des loirs. En revanche, les coqs du village ont sonné le tocsin à 4H du mat’. Rien n’est parfait ! 😉

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  2. Avatar de chajeakie
    chajeakie

    Avec la fin de la période cyclonique, j’ai peur que vous vous ennuyez. La mer caaaalme n’est pas trop ton style Sandrine.

    Si c’est le cas, rentrez à la maison, pour la joie de petits et grands

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  3. Avatar de chajeakie
    chajeakie

    Au fait, les photos s/s marines ne sont pas si mal je trouve ! Continue Sandrine, pas de déécouragement !!!

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Merci papa !

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  4. Avatar de veroplou
    veroplou

    cc, nous avons adoré l’épopée Taxi : extra !! 🤣Tes photo sont très bien ! Jolie murène et beau spirographe qui n’a même pas eu peur ! Extra vos balades !! Quelle chance de pouvoir marcher dans cette nature ! Bonne remontée sur la Guadeloupe. Profitez !! Bizous 😻😻

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  5. Avatar de gabartc
    gabartc

    bonjour

    en 1989/ 90 , la Dominique était une île qui avait  » mauvaise réputation  » dans les guides nautiques !

    On t’y attendait vite ….disait-on ….avec la machette …pour te voler …tes sous !

    donc pas d’arrêt pour Pesk Avel et sa petite famille !

    Les temps changent ! C’est bien pour les habitants ! Même si …un aéroport international construit par des chinois …

    continuez à profiter de toute cette belle nature , à terre et en mer !

    avec un petit coup d’œil,.de temps en temps , vous avez raison …sur le parcours des 2 Ultims !!!

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  6. Avatar de reallye685b0688b
    reallye685b0688b

    Cette ile est notre escale préférée, dépaysement, accueil, nature sauvage. Un concentré de plaisir antillais.

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