Antigua…

36 heures après la remise à l’eau de Mangaliz, nous quittons la Marina de Pointe-à-Pitre, en espérant que cette fois sera la bonne.

Avant de reprendre la mer :

  • un dernier dîner avec notre ami canadien Kerry qui rentre à Vancouver
  • la vente du gros moteur hors bord acheté aux Antilles il y a un an avec lequel nous ne voulons pas transater
  • les sempiternelles formalités de sortie.

Les alizés très soutenus depuis plusieurs semaines lèvent une grosse houle. Un vent établi entre 18 et 22 nœuds (35 nœuds dans un grain), nous font rejoindre rapidement l’autre côté de la Guadeloupe. Le mouillage de Deshaies, au Nord Ouest, est bondé. On y trouve une place pour la nuit; à peine l’ancre posée, le couple de plaisanciers anglais derrière nous se met à brailler, gesticulant dans tous les sens, prenant des photos… bref, inquiets de notre présence qu’ils estiment trop proche, on remonte l’ancre pour se déplacer… Une heure après, la même scène se répète avec un autre bateau. Hilarant ! On comprend pourquoi cet espace reste libre. Après plusieurs tours dans la baie, on finit par poser l’ancre. La période cyclonique pendant laquelle nous n’étions que quelques plaisanciers à naviguer, était vraiment sympa !

Le lendemain, le départ à 7H est compliqué. Deux bateaux arrivés après nous, ont posé leur ancre trop près de Mangaliz, dans une baie où le vent fait tourner les embarcations à 360 degrés !

L’ancre enfin sortie de l’eau, en ayant évité de s’emplafonner nos deux voisins, est un grand soulagement, et confirme que la réparation de l’inverseur devenait incontournable (jamais cette manœuvre n’aurait été possible sans un moteur qui répond instantanément aux marche avant et marche arrière).

Départ donc pour l’archipel d’Antigua-et-Barbuda; dans le canal (bras de mer entre la Guadeloupe et Antigua), Mangaliz remonte les sept voiliers partis avant nous. Sa coque ultra propre le fait glisser… Une agréable navigation au portant (50 miles nautiques) nous mène en début d’après-midi sur la côte Ouest d’Antigua. On y croise de superbes voiliers en entraînement pour la régate internationale « RORC 600 » dans quelques jours.

Nous n’avons pas l’habitude d’avoir si peu d’eau sous la coque (6 M de profondeur) et cette couleur d’eau turquoise, à 2 miles des côtes.

Nous mouillons dans la grande baie de Jolly Harbour. En dehors des îles françaises où les formalités sont d’une grande simplicité, nous revivons ici le « sketch » d’entrée dans le territoire. Alors que nous attendons à l’extérieur, nos passeports et les papiers du bateau passent d’un bureau à l’autre, de la santé aux douanes, en passant par l’immigration, avant d’être invités à pénétrer dans le dernier bureau pour le règlement.

Jolly Harbour est un immense complexe lacustre, comprenant une Marina et des îles artificielles reliées entre elles par un labyrinthe de canaux; chaque maison a son ponton privé. Etonnant…

Antigua-et-Barbuda, ancienne colonie anglaise, est un état indépendant depuis Novembre 1981.

L’Histoire se répète : Christophe Colomb découvre l’île en 1493 et la nomme Antigua, en hommage à l’église de Santa-Maria-La-Antigua de Séville. Il n’ira pas à terre, son objectif étant de trouver les richesses plus à l’Ouest, dans sa quête de découvrir les Indes…

Les Britanniques colonisent l’île en 1678 et font venir les esclaves d’Afrique de l’Ouest pour la culture de la canne à sucre et du tabac.

Aujourd’hui, la population de l’île provient de la descendance de ces esclaves.

Antigua est relativement plate avec un point culminant à 402 M. Sa côte est très découpée et parsemée de superbes plages, d’où son nom de l’île aux 365 plages ! Mais ce sont surtout les randonnées sur des chemins parfaitement balisés, avec des points de vue spectaculaires, qui occupent nos journées…

Les locaux sont vraiment accueillants, serviables et souriants.

Jolly Harbour reste notre camp de base pour aller découvrir l’île d’Antigua en taxi collectif (minibus qui partent quand ils sont pleins).

À plusieurs reprises, on est surpris de constater que le corbillard et son cortège sont prioritaires – au même titre que les ambulances ! – escortés par la Police, ce qui génère un sacré foutoir sur la route.

La capitale de Saint-John’s est animée avec ses différents marchés (fruits et légumes, poissons, textile et artisanat), et au moment où nous y sommes, avec la sortie des écoles et collèges.

Malgré une île qui nous semble sèche, les marchés sont très bien achalandés en produits locaux, et les agriculteurs soutenus par les supermarchés. En revanche, la pâtisserie n’est pas leur point fort.

Lors d’un déjeuner, nous interrogeons un Antiguais domicilié aux USA, sur l’élection de Donald Trump et sa perception de la situation. Celui-ci nous répond être confiant et croit en la démocratie américaine. Selon lui, une partie des décrets annoncés par Trump ne peuvent pas être mis en application car anticonstitutionnels, et ne sont que des effets d’annonces ! De plus, le renouvellement du congrès fin 2026 devrait rééquilibrer le jeu qui aujourd’hui favorise les républicains « extrêmes ». Il confirme que chaque jour, de plus en plus d’américains regrettent leur vote et que la côte de Trump descend vertigineusement (NB : les propos de notre interlocuteur remontent à près de trois semaines et l’actualité démontre qu’il est dans le vrai…).

Pour nous, il est impensable de se dire qu’1 touriste américain sur 2 que l’on croise, a voté pour Trump !

Au Sud d’Antigua, un excellent refuge contre les ouragans a été transformé par la Grande Bretagne en une base navale très opérationnelle, portant le nom de English Harbour. Durant tout le XVIIIème siècle, son importance s’est accrue avec le développement d’un lieu de carénage et de réparation des navires de Sa Majesté, ainsi qu’un ravitaillement en nourriture et en eau.

Ce chantier naval de style Géorgien a été totalement restauré à la fin du XXème (maison de l’amiral, bureau des ingénieurs, quartier des officiers, infirmerie, poste de garde, forge, magasin de cuivre et bois de charpente…). Aujourd’hui, les yachts de luxe et voiliers ont pris la place des navires de guerre.

Avant de quitter Antigua, nous passons de l’autre côté de l’île (côte Est) pour mouiller dans le lagon de North Sound. Abrité par une grande barrière de corail et quelques îlots, l’entrée se fait par un étroit chenal, régulièrement dragué pour maintenir une profondeur suffisante; à l’intérieur, on navigue à vue pour éviter de nombreuses patates de corail. Les fonds truffés de poissons et langoustes, ont été très abîmés par l’ouragan IRMA en 2017, et l’on constate la naissance de nouveaux coraux. En revanche, les îles et îlots comme délicatement posés sur ce dégradé de bleu, sont de toute beauté !

Great Bird Island… rien que pour nous, survolée par les paille-en-queues ! Magique…

Prochaine destination toute proche, l’île de Barbuda. A très bientôt

5 réponses à « Antigua… »

  1. Avatar de Kerry
    Kerry

    Merci Sandrine. J’adore la phrase “En revanche, la pâtisserie n’est pas leur point fort.”. Bravo.

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      😂😂😂

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  2. Avatar de scelojj0983
    scelojj0983

    Make Mangaliz Great Again !!!

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  3. Avatar de scelojj0983
    scelojj0983

    Make Mangaliz Great Again !!!

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Mangaliz Absolutely Great Again !

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