… et Barbuda

25 miles nautiques séparent le Nord d’Antigua et le Sud de Barbuda. Une petite navigation tranquille au portant (8 à 11 nœuds de vent) sur une mer d’huile, nous fait arriver à Cocoa Point pour déjeuner, accueillis par les dauphins.

Barbuda, l’île de paradoxes. Alors que :

  • Cocoa Point (au Sud) est construite de luxueuses résidences secondaires appartenant à de riches New Yorkais, avec plage, école de kitesurf et bar-restaurant privés,
  • la seule ville de l’île (à l’Ouest), Codrington habitée par les locaux, a été détruite par l’ouragan IRMA en 2017 et n’est que partiellement reconstruite.

Il règne à Codrington une atmosphère glauque, avec plusieurs habitations détruites, peu de monde dans les rues, et de petits supermarchés mal achalandés…

La ressource de Barbuda est la langouste. On s’adresse à un pêcheur pour lui en acheter 2. Trop peu pour nous faire payer ! On en prend 2 supplémentaires en lui expliquant que nous voulons impérativement le régler… Une fois le prix dérisoire annoncé (30 Dollars Caraïbes, équivalant à 10 Euros pour les 4 langoustes de 800g chacune), on lui tend un billet de 50 Dollars Caraïbes en précisant de garder la monnaie… Il insiste et nous en remet une 5ème dans le sac ! Au jeu de la générosité, nous avons perdu.

Elles sont bien « vigousses ». Dès le retour au bateau, 3 sont cuites à l’eau bouillante (moins sèches qu’au four ou au barbecue), les 2 autres apportées à un couple qui nous a conviés pour l’apéro le soir même sur leur catamaran. Philippe et Valérie redescendent dans le Sud des Antilles jusqu’à Trinidad où ils laisseront le bateau pour la saison cyclonique.

Telle est notre vie de nomade : de belles rencontres qui deviendront peut-être un jour des retrouvailles, de l’autre côté du globe…

Un peu d’Histoire : Barbuda fut louée par l’Angleterre à la famille Codrington au XVIIème siècle. Celle-ci y fit de l’élevage mais surtout, y parqua des esclaves pour les revendre dans d’autres îles…

L’île est toute plate, entourée d’interminables plages de sable blanc, dans un dégradé de bleu irréel.

La curiosité de l’île reste la réserve naturelle de frégates (espèce « Frégates Superbes »), haut lieu de reproduction aux Antilles.

Ces grands oiseaux au plumage noir, à tête blanche pour les femelles, se nourrissent de poissons, sans pouvoir aller les pêcher ! Leurs plumes ne sont pas étanches : si l’oiseau se retrouvait dans l’eau, il serait pris au piège, trop lourd pour redécoller. Les frégates se nourrissent donc en vol, en attrapant les rebuts de pêche jetés par dessus bord, ou encore en harcelant d’autres oiseaux de mer pour leur chiper les proies.

Pendant la période des amours (octobre à mars), les mâles gonflent une poche rouge sous la gorge pour séduire les femelles. Étonnant !

Nous poursuivons notre route vers le Nord. A bientôt

Une réponse à « … et Barbuda »

  1. Avatar de irenelefondre
    irenelefondre

    Magnifique ! Merci pour ce nouveau partage.

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