Ilha de Sao Jorge

C’est avec la pluie et le brouillard que nous quittons Pico pour l’île de SAO JORGE. 35 miles nautiques parcourus à la voile pour moitié et moteur.

Nous arrivons en fin de journée au petit port de Velas, construit au pied d’un ancien volcan sous-marin. Comme souvent aux Açores, le port est plein à craquer; c’est donc à couple d’un autre voilier que nous amarrons Mangaliz, en attendant qu’une place se libère au ponton.

Le soir même, nous avons le plaisir de retrouver un couple d’anciens plaisanciers de Pénestin, à qui nous avions acheté des articles pour le bateau (il y a 4 ans déjà). Toujours en relation, nous avions prévu de nous revoir aux Açores pendant leurs vacances. Ensemble, sont prévus randonnée, restaurant et apéro à bord de Mangaliz pour leur rappeler les bons souvenirs de la plaisance….

Grande randonnée vers les Faja da Caldeira de Santo Cristo et Faja dos Cubres avec Olivier, 83 ans ! La marche, excellent entraînement pour garder la forme.

Dans la lagune de Santo Cristo, sont élevées des palourdes, uniques aux Açores.

La géographie de l’île est étonnante : une chaîne de falaises de plusieurs centaines de mètres d’altitude traverse toute l’île d’Est en Ouest, et les côtes sont très difficiles d’accès (pistes ou petites routes bien raides). C’est la première fois que nos randonnées commencent par une descente pour terminer par une montée !

L’île de 55 Km de long et 7 Km de large, s’appelle aussi « l’île des Fajas ». L’effondrement des falaises a créé des terrasses en bord de mer, appelées Fajas, sur lesquelles quelques villages ont été construits et surtout de multiples cultures favorisées par un sol fertile.

Sur la côte Sud-Est, on y trouve même du café dans la Faja dos Vimes ! Les plantations produisent entre 100 et 150 Kg de café par an pour consommation personnelle, mais que l’on peut goûter dans le seul café du village. Il a effectivement un arôme particulier, et les « pasteis » au café sont aussi excellents.

La côte Sud-Est…

… et encore une autre belle faja, la Faja de Sao Jao.

Dans les fajas les plus isolées, les habitants n’y habitent pas à l’année; ils y passent de courts séjours l’été pour s’occuper des bêtes et des cultures, et parfois, de courts séjours l’hiver car il y fait moins froid que là haut ! Les maisons sont minuscules : dans la même pièce, se trouvent la cuisine, la pièce à vivre et la chambre (la salle d’eau est souvent dans une petite dépendance à côté). L’eau ne manque pas, car les pluies accumulées dans la nappe phréatique du massif volcanique s’écoulent vers l’océan en traversant les fajas. On y observe la vie rurale traditionnelle.

Sur cette même côte, nous visitons la superbe église de Santa Barbara (village de Manadas), construite au XVIème siècle (plafond en cèdre sculpté et marqueterie).

La location de voiture est coûteuse à Sao Jorge. Après en avoir loué une pour visiter les curiosités de l’île, nous prenons le taxi pour les randonnées : déposés au départ des sentiers, il vient nous récupérer à l’arrivée. Très pratique et vraiment sympa de discuter avec le chauffeur… nombreux habitants parlent l’anglais !

Sur la côte Nord, nous découvrons la plus grande et spectaculaire Faja do Ouvidor

et la Faja da Ribeira da Areia, créées toutes les deux par les écoulements de lave basaltique provenant du volcan Esperança il y a environ 2530 ans.

Une randonnée au milieu d’une nature brute, entre volcan et océan, vers la Faja do Mero : les seuls habitants présents demandent d’inscrire notre passage sur leur livre d’or, et nous présentent fièrement leurs deux vaches jumelles dédiées aux défilés (leurs cornes sont artificiellement redressées). Le temps s’est arrêté !

Partout, dans les villes et villages, en bordure des champs et pâturages, sur les chemins, on contemple les fleurs sauvages à profusion (arum, lys, agapanthe, camélia, hibiscus, azalée… et bien sûr, toutes sortes d’hortensias); ça sent la menthe à plein nez…

Allez, encore une randonnée dans la Faja de Alem. Celle-ci a la particularité de n’être accessible qu’à pieds. Alors que l’on pique nique sur de gros rochers, Nazario présent pour le WE, vient nous proposer de continuer le déjeuner chez lui, sur une vraie table… On a dû gouter son vin (une horreur !) et déguster les différentes liqueurs élaborées par ses soins avec les plantes locales (nettement meilleures). La remontée a été dure, très dure !

Alors que l’on arrive au village de Santo Antonio pour reprendre le taxi du retour, nous découvrons une drôle de corrida : la corrida de taureaux à la corde. Spectacle organisé sur la route, pour un parcours de 500 M maximum, avec 4 taureaux (chacun son tour) contrôlés par une corde attachée à leur cou. 6 à 8 hommes dirigent la course grâce à la corde… Quelle euphorie dans les « tribunes » !

L’île compte plus de 200 volcans. La dernière éruption date de 1808.

En mars 2022, le centre de surveillance sismo-volcanique des Açores a enregistré plus de 14.000 secousses, dont la plus forte avec une magnitude de 3,3 sur l’échelle de Richter. De nombreux habitants ont quitté l’île.

A l’intérieur de Sao Jorge, on se régale d’une nature sauvage, entre pâturages et anciens cratères. Les bouquets d’hortensias délimitent les prés, et les forêts de cryptomères (cèdres du Japon) dessinent le paysage.

Le Pico da Esperança culmine à 1.053 M d’altitude, avec ses deux lacs à l’intérieur de la caldeira.

Les deux pointes rocheuses de l’île plongeant dans l’océan, sont spectaculaires.

A l’Ouest, la Ponta dos Rosais et son superbe parc forestier das Sete Fontes, avec fougères arborescentes imposantes et forêt de cryptomères.

A l’Est, la Pontinha do Topo avec son petit village et son phare.

Velas, la plus grande ville de Sao Jorge où nous séjournons à bord pendant deux semaines, possède un riche patrimoine historique : édifices du XVIIIème, églises, rues et ruelles pavées. Il y règne un charme tranquille de petite bourgade.

L’ancien volcan sous-marin de Velas est impressionnant, dans la baie de Entre-Morros.

Nous arrivons pendant les célébrations dédiées au Saint-Esprit (Espirito Santo), convergeant autour des « Imperios » : processions, fanfares, pétards, distribution de cadeaux aux plus démunis (viande par exemple), partage du pain, organisation de soupes populaires ou repas pour toute la population (même les touristes… nous sommes invités par plusieurs habitants). Ambiance festive et joyeuse !

Soirée sardines grillées, avec la fameuse soupe portugaise « Calho Verde », le pain au maïs accompagné d’un morceau de fromage de l’île !

Comment sont organisées ces fêtes incroyables qui durent plusieurs mois ? Chaque année, un « empereur » (une personne respectée par la communauté) est nommé. Il est responsable de l’organisation et du financement des fêtes en l’honneur du Saint-Esprit. En outre, « l’empereur » reçoit la couronne, le sceptre et l’orbe du Saint-Esprit dans son « Imperio », où les personnes peuvent prier pendant un certain temps.

Les confréries responsables des « Imperios », organisent les dîners de la Sainte-Trinité et pendant les festivités, elles font du porte-à-porte pour distribuer soupes et autres produits de première nécessité.

Gastronomie : on se régale des différentes spécialités culinaires de l’archipel. Chaque île a SA cuisine. Les déjeuners « prato do dia » sont composés d’une soupe, d’un plat du jour au choix entre viande et poisson, d’un verre de vin très généreux et d’un café… pour la modique somme de 10 euros. Et c’est souvent très bon !

Sao Jorge est la capitale du fromage (principal pilier économique de l’île) : le meilleur des Açores, exporté en grande partie en Amérique du Nord. C’est une pâte dure vendue à différents stades de maturation, dont le goût reste longtemps en bouche. AOP depuis 1996, la méthode de production reste presque inchangée depuis plus de 500 ans.

Étrangement, impossible de trouver des yaourts locaux… ils sont fabriqués à l’île de Sao Miguel… nous attendrons !

Les autres ressources économiques de l’île sont l’élevage, la culture de céréales et fruits, la laine et la pêche (Santa Catarina est une petite conserverie avec du thon pêché à la ligne, les conserves sont délicieuses et le logo évocateur avec Marie tenant un thon dans ses bras).

Curiosité : tous les soirs au port à la tombée de la nuit (22 H), nous avons droit à un concert indescriptible : le « chant » des cagarros (puffin cendré). A leur retour de pêche, ils poussent des cris étranges dans le but de retrouver le nid… Si vous êtes curieux, vous trouvez des vidéos sur internet… Ils sont toujours en bancs et nichent dans les trous de falaises.

A noter : depuis notre arrivée aux Açores, on est surpris par la propreté de tous les lieux publics et privés. Les jardins et les maisons sont nickel, les rues entretenues, les nombreux sanitaires/wc publics sont toujours propres. Remarquable !

De la côte Sud de Sao Jorge, nous pouvons admirer à toute heure de la journée, le majestueux volcan sur l’île de Pico…

Bel été à tous !

2 réponses à « Ilha de Sao Jorge »

  1. Avatar de similisphere
    similisphere

    Magnifique ! Belle découverte, merci pour le partage. Je vois que vous avez enfin découvert un vin plus mauvais que celui de riz aux Philippines ! 😉

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      😂 Souvenir, souvenir !!!
      On vous embrasse bien fort, à bientôt

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