Les Saintes…

Entre l’île de Saba et la Martinique, nous refaisons le trajet en sens inverse, au prés serré cette fois (plus inconfortable que l’allure portante). On prend l’option « escales » à la découverte de nouveaux mouillages, plutôt que de parcourir les 210 milles nautiques d’une traite.

Ainsi, nous posons l’ancre à l’île de NEVIS au pied de l’ancien volcan, puis MONTSERRAT devant la ville engloutie (îles visitées à l’aller, articles du 06/04 et 27/03), avec beaucoup moins d’affluence dans les mouillages. Ensuite, nous mouillons en GUADELOUPE sur la côte Ouest (à l’Anse du curé) pour y retrouver notre voisin de ponton à Mindelo (Cap Vert) ! Lors de la soirée passée à bord de Mangaliz, les discussions tournent évidemment autour de nos transats respectives… Parti 24H après nous, Alain a eu les mêmes conditions – ardues – de vent et de mer pendant la traversée, avec en prime, une panne de pilote automatique 3 jours avant d’arriver en Martinique…

A part quelques escales, nous n’avons pas vraiment visité la Guadeloupe. Nous prendrons le temps de la découvrir l’hiver prochain. En revanche, on s’arrête quelques jours aux SAINTES

Découvert par Christophe Colomb en 1493 le jour de la Toussaint, l’archipel fut baptisé « Los Santos ». Il se compose de deux îles habitées (Terre-De-Haut et Terre-de-Bas), et de plusieurs îles et îlots sauvages.

Les Saintois sont des descendants de colons bretons, normands et poitevins occupant l’archipel dès 1643. Étonnamment, leur couleur de peau est différente entre les 2 îles principales : peau claire à Terre-De-Haut (bien que burinée par le soleil !) en l’absence de métissage, l’aridité de la terre ne permettait pas les cultures, la pêche était la principale ressource. Alors que Terre-de-Bas plus humide, a connu l’importation d’esclaves africains pour travailler dans de petites exploitations agricoles…

En 1782, Les Saintes ont connu le plus grand affrontement naval entre l’Angleterre et la France dans la Caraïbe… Après la victoire des Britanniques, se sont succédées de multiples batailles entre les 2 nations.

Dans le village de Terre-De-Haut, il règne un charme naturel et une certaine sérénité. Comme souvent dans les petites îles, les locaux gardent leur distance, mêlée d’un sens de l’accueil spontané. De plus, la saison touristique touchant à sa fin, les Saintois semblent plus détendus que lors de notre 1er passage en Février.

La montée du Chameau sous le cagnard est dure-dure, mais les points de vue en valent la peine…

En cette saison, les arbres croulent sous les fruits; très gentiment, les Saintois mettent leur cueillette en libre service, devant chez eux (mangues, pommes d’eau…). C’est un vrai plaisir de manger local !

Nous quittons Les Saintes, encore un peu plus chargés ! Sylvain craque pour l’achat d’un Wingfoil d’occasion… La cabine avant est pleine (vélos pliables, kayak, voiles, pompes pour le kayak, la planche et la voile de wingfoil, l’annexe…).

Après une courte escale à la DOMINIQUE (article du 11/03), nous arrivons en MARTINIQUE et mouillons à Saint-Pierre au pied de la montagne pelée, pour aller visiter la distillerie DEPAZ en pleine production actuellement. La canne à sucre embaume délicieusement l’air. L’Histoire de cette distillerie est étonnante…

Continuant notre redescente vers le Sud, on retourne à l’Anse Noire, un mouillage que l’on avait beaucoup aimé pour son côté sauvage. Belle chasse pour le Capitaine… Nous profitons de la clarté de l’eau pour caréner le bateau en bouteille (ce qui évite une sortie de l’eau de Mangaliz).

Enfin, cap sur Le Marin tout au Sud de la Martinique, pour une escale technique de quelques jours. C’est la plateforme logistique des Antilles, où l’on trouve absolument tout pour la plaisance. Nous sommes plusieurs centaines de bateaux au mouillage, dans cette baie très abritée. On y retrouve une famille franco-espagnole partie pour 2 ans (le petit dernier a 4 ans), avec qui on a traversé l’Atlantique à quelques heures d’intervalle. Le bateau Yakayale réfléchit à continuer vers le Pacifique…

Au programme de Mangaliz : 
- changement d'un flexible suite à une fuite dans le dessalinisateur
- remplacement de la pompe à eau de mer défectueuse (pédale dans la cuisine utilisée pour faire la vaisselle à l'eau de mer avant le rinçage à l'eau douce... précieuse)
- système de palans plus puissant pour remonter l'annexe au portique, alourdie par le nouveau moteur
- une grosse lessive comme on n'en avait pas encore faite, étendue en plusieurs fois
- de la couture sur le bimini, protection indispensable du soleil.

Pour la suite du voyage, on fait un avitaillement complet du bateau. Certaines grandes enseignes ont leur propre ponton ; on décharge directement les courses du caddie à l’annexe. Très pratique !

Nous quittons Le Marin avec réservoir à gaz oil et bidons pleins, ainsi que vaches à eau et bonbonnes.

Nous sommes prêts à quitter les îles françaises durant la période cyclonique, qui vient de s’ouvrir jusqu’à fin Novembre. Notre périple se poursuit vers les îles de Sainte-Lucie, Saint-Vincent, Les Grenadines et Grenade, « normalement » moins touchées par les ouragans et les cyclones… bien qu’avec le changement climatique, les professionnels ne sont plus sûrs de rien. Cependant, au vu de la température élevée des océans (29°C aux Antilles), ils prévoient une forte activité. La meilleure planque est le Venezuela, mais depuis quelques années, les pirates sévissent, plus personne ne s’y rend en bateau.

L’activité cyclonique est suivie par les Américains, à l’aide d’outils embarqués dans des avions survolant l’Atlantique. Un site dédié est enrichi au quotidien, que nous consulterons plusieurs fois par jour. Une alerte cyclonique déclarée 7 jours avant, nous laisse le temps de rejoindre un abri (trou à cyclone, souvent dans une rivière au fond d’une mangrove).

Nos retrouvailles avec les autres bateaux sont des moments vraiment sympas, à bord ou à terre, où l’on partage nos expériences et projets de navigation. Nos sillages vont continuer à se croiser tout au long de la période cyclonique…

Note technique suite à la demande d’un de nos lecteurs : il est possible d’agrandir chacune des photos en cliquant dessus.

6 réponses à « Les Saintes… »

  1. Avatar de veroplou
    veroplou

    Mais comment ! Vous êtes remontés au chameau !! Bravo !

    Un capitaine pour le Capitaine, quelle belle pêche !
    Vous y êtes presque ! Randonnez à Ste Lucie, régalez vous à St Vincent, nous avons adoré Bequia, belles découvertes à vous ! en espérant que nos routes se recroisent encore et encore ….. 😘

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  2. Avatar de Joussellin
    Joussellin

    nous avions mis le bateau à Trinidad et Tobago pour la saison cyclonique et étions rentrer en France pendant plusieurs mois, mais ce n’est pas un endroit charmant ni secure.

    ici on est sous le coup des résultats des élections européennes. Et du coup de poker des prochaines élections législatives.

    brigitte

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Effectivement, nous avons suivi en direct le résultat des élections Européennes. Nous avons du mal à réaliser…

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  3. Avatar de philippetanguy16
    philippetanguy16

    Sylvain, tu m’énerves avec tes pêches miraculeuses. Ici en Corse les seuls poissons que nous mangeons sont des sardines et elles viennent de Douarnenez 😢

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  4. Avatar de Kermary
    Kermary

    Hummm le sorbet coco! Je vous souhaite donc des vents pas trop violents ces prochaines semaines.

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  5. Avatar de irenelefondre
    irenelefondre

    Merci pour ce nouveau partage , toujours un plaisir de vous lire.

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