NB : nous avons passé 10 jours extras à Saint-Vincent, avant que l’ouragan Béryl se forme. L’île très peu touristique, est restée sauvage et authentique. Ce fut un véritable plaisir de découvrir ses beautés naturelles, et de prendre le temps avec les locaux. Aujourd’hui, nous ne savons pas précisément dans quel état se trouve Saint-Vincent, après le passage de Béryl…
Une fois les formalités de sortie accomplies, nous quittons à 9h le mouillage des 2 Pitons à Sainte-Lucie pour l’île de Saint-Vincent : 34 milles nautiques.
Une courte navigation au Génois seul, avec pour objectif de pêcher… Au milieu du canal (passage entre les 2 îles), on entend le mouliné se dérouler, on voit le bout de la canne à pêche plier. Le Capitaine ramène la bête à hauteur du bateau : une belle daurade coryphène, que nous n’aurons pas de mal à remonter à bord, beaucoup moins bagarreur que le thon.



Saint-Vincent en vue… Nous longeons la côte Nord-Ouest de l’île dominée par le volcan de la Soufrière, avant de mouiller dans la superbe baie de Chateaubelair. Il est 17h30, nous sommes accueillis par les locaux embarqués sur des paddles ou planches à voile, et partageons avec eux le fruit de notre pêche ! A chaque nouvelle île, nous changeons de pavillon (remplacement du pavillon de Sainte-Lucie par celui de Saint-Vincent).




Le lendemain, après avoir régularisé notre entrée à Saint-Vincent, nous partons à pied découvrir les Dark View Falls, double chute d’eau l’une au dessus de l’autre, au milieu d’une forêt luxuriante.




Nous ne manquons pas le clou de Saint-Vincent : la Soufrière, volcan actif dont la dernière éruption remonte à Avril 2021. Lever à 5h du matin pour consulter le dernier bulletin météo avant d’y monter. On quitte le bateau à 6h30 pour rejoindre le chemin de randonnée, on traverse la rivière suite aux fortes pluies des jours précédents, on longe le canyon, on commence la grimpette à 8h30, pour arriver au cratère à 11h : 900 M de dénivelé au milieu d’une forêt exubérante, avec l’odeur des mangues qui pourrissent au sol (nous en cueillerons sur le chemin du retour).



Nous avons de la chance… le chemin de randonnée entretenu qu’une seule fois par an, est en fin de nettoyage, ce qui nous facilite grandement l’ascension.




En haut, un vent violent, presque angoissant au milieu de ce paysage lunaire… Nous pique-niquons dans la forêt, après une redescente glissante sur les flancs du volcan.



Retour au bateau à 16h, des images plein la tête… et les sacs à dos remplis de mangues et d’avocats !


La baie de Chateaubelair nous envoûte, encerclée de ses hauts murs végétaux, les grands palmiers sur les crêtes pointant le ciel, le chant des oiseaux le jour, les insectes la nuit, les villages multicolores implantés ça et là, les locaux charmants venus nous saluer au mouillage… Nous y faisons notre camp de base pendant plus d’une semaine pour explorer l’île.




Tous les jours, enfants et adultes viennent au bateau nous vendre fruits, légumes et poissons. Nous avons particulièrement sympathisé avec John, un boat-boy qui souhaite nous faire découvrir les produits de son île (avocat grand format, fruits de la passion, pomme-cannelle et fruit à pain). Jeu de devinettes entre Sylvain et un jeune garçon à propos du footballeur international Mbappé : nom de l’équipe ? capitale de la France ? Le lendemain, le jeune vient à notre rencontre avec un maillot du PSG !




Curieux de découvrir Kingstown, la capitale de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, nous prenons un taxi collectif, pratique et idéal pour s’immerger dans l’ambiance locale. En tête de ligne, il ne part qu’une fois plein. Ensuite, les arrêts sont à la demande, pour en descendre ou y monter, la durée du voyage est donc aléatoire. Le trajet, toujours en musique, est assez agressif pour nos tympans, peu habitués par la haute intensité des décibels. Quand le chauffeur ne met pas la radio, un voyageur s’en charge à partir de son téléphone portable et en fait profiter tout le monde… Google Maps indique 1,5H pour la capitale, nous mettrons 3/4H !



Elle a conservé quelques bâtiments coloniaux (église, police). Et Sylvain y poursuit son tour du monde des coiffeurs !






L’île est d’un vert éclatant…


L’Histoire des deux îles – Sainte-Lucie et Saint-Vincent – est assez similaire. Les peuples Caraïbes ont défendu leur île contre la colonisation jusqu’au XVIIIème siècle. Puis les Français sont arrivés, ils ont fait venir des Africains réduits en esclavage pour la culture de la canne à sucre. Saint-Vincent est devenue Britannique en 1763.
Saint-Vincent-et-les-Grenadines devient un Etat indépendant en Octobre 1979. On y parle l’anglais et la monnaie est le dollar caraïbe.
On retrouve des noms Français dans les rues, les villages… comme celui de « Petit Bordel ». Lors de notre visite, on explique aux villageois la signification du nom de leur village, sur quoi, ils répondent « il n’y a pas de ça ici ».



Avant de rejoindre les Grenadines, nous mouillons à Young Island (au Sud de Saint-Vincent), et visitons le fort Duvernette construit par les Anglais.


Au loin, Bequia, la 1ère île des Grenadines que nous voulions rejoindre le lendemain. L’idée était de passer plusieurs semaines à sillonner les petites îles paradisiaques de l’archipel. Mais l’Ouragan Béryl en a décidé autrement…
Suite à l’opération d’aide que nous avons initiée en milieu de semaine auprès de la Croix Rouge de Sainte-Lucie, 3 camions sont arrivés ce matin à la Marina ! On ne s’attendait pas à un tel succès. Après avoir rempli Mangaliz au maximum de sa capacité, nous cherchons d’autres bateaux pour acheminer les dons, et pallier au désistement de certains. Une fenêtre météo s’ouvre mardi prochain pour rejoindre l’île de Grenade, où nous sommes attendus par une équipe de la Croix Rouge… A suivre.
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