Un p’tit Lu aux Antilles

En direction de la Martinique, nous traversons le fameux canal de Sainte-Lucie au petit largue, à une vitesse moyenne de 8 nœuds (grâce à un petit coup de pouce du courant). Une navigation très sympa avant d’arriver en Martinique, où l’on découvre que le mouvement « contre la vie chère » commencé avant notre départ aux Grenadines, continue…

Manifestations dans les rues, barrages routiers sur les axes les plus fréquentés de l’île qui la paralysent totalement, incendies dans les magasins tenus par les békés (les grandes enseignes comme Carrefour, Auchan sont touchées), certains magasins comme Darty et Intersport sont pillés. De nombreux produits commencent à manquer chez les commerçants, les distributeurs de billets sont vides. Un couvre feu annoncé de 21h à 5h inquiète sérieusement les restaurants et bars de nuit.

En discutant du mouvement avec les martiniquais, nous comprenons que les revendications concernent les békés, et pas le gouvernement français.

Les békés, blancs créoles descendant des 1ers colons esclavagistes, possèdent les plus grosses fortunes de la Martinique, et l’on comprend pourquoi…

En effet, les békés détiennent et maîtrisent toute la chaîne d’approvisionnement vers la Martinique. Par conséquent, ils appliquent des marges importantes à chaque étape, et là où le surcoût devrait être de 10%, il est à 40% ! la différence allant directement dans leurs poches.

Alors qu’une grande partie du surcoût lié à l’éloignement est compensée par des taux de TVA réduits à la Martinique (8,5% au lieu de 20% en métropole et 2,1% au lieu de 5,5%).

Autre bizarrerie : les békés ne déclarent pas les résultats de leurs entreprises en fin d’année ?!

Si les martiniquais défendent le mouvement, ils dénoncent cependant les violences urbaines. L’incendie de la pharmacie du Carbet a choqué tout le monde.

Le bilan aujourd’hui : 200 entreprises ont été pillées, vandalisées ou incendiées – 1500 emplois sont perdus ou menacés – des infrastructures publiques ont été fortement endommagées.

De notre côté, nous espérons pouvoir récupérer le neveu de Sylvain, qui arrive dans quelques jours pour les vacances…

En attendant, plusieurs ateliers sont ouverts à bord de Mangaliz : rinçage à l’eau douce de la chaîne et peinture jaune sur l’ancre pour éviter qu’elle ne rouille, réparation de l’annexe pour la nième fois (fuite d’air et fuite d’eau), vidange de ses deux moteurs, lessives, avitaillement. Et nos voisins de ponton à la Marina de l’Etang Z’abricot estimant que nous n’avons pas assez de boulot, oublient de nous prévenir à notre arrivée que leur coque est fraîchement peinte… quelques heures supplémentaires pour retirer le « bleu-roi » déposé sur nos pare-battages… et nettoyer la coque de Mangaliz magnifiquement beurrée !

Histoire de se changer les idées et de se dégourdir les jambes, nous partons pour une belle petite randonnée : le circuit d’Absalon.

Le jour J, nous retrouvons Nolann à l’aéroport, sans embûche ni embuscade. Ouf ! Le p’tit bonhomme n’étant pas amariné, nous prévoyons de rester en Martinique pour la semaine, avec un programme varié : navigation, snorkeling, visites culturelles, découvertes et farniente.

La mer, ça crève ! Alors que le Capitaine part à la chasse (retour avec de délicieux vivaneaux à l’anse Chaudière).

Après avoir visité la ville de Saint-Pierre (au Nord de la Martinique), et son émouvant et très intéressant musée retraçant l’éruption de la Montagne Pelée en 1902, nous naviguons vers l’Anse couleuvre pour quelques heures (la houle ne nous permet pas d’y rester la nuit).

La semaine passe vite… Il est temps de redescendre tout doucement et allons mouiller au fin fond d’une mangrove, Les Trois îlets. Calme absolu, et visite d’un autre musée également passionnant, sur l’Histoire de la Martinique, l’esclavage et son abolition : La Savane des Esclaves.

Dernière escale de la semaine : nous posons l’ancre devant Fort-de-France pour aller visiter la ville. C’est un beau mouillage, au pied de la cathédrale et du fort, avec en toile de fond Les Pitons du Carbet… surtout vu d’en haut !

Les mouvements sociaux ne permettront pas à Nolann de prolonger son séjour ici. L’avion partira en temps et en heure…

Avant de poursuivre la remontée vers le Nord des Antilles, nous retrouvons les bato-copains avec qui nous naviguerons pour la Dominique. Premier envoi de Spi après sa réparation post-transat… et dernier mouillage martiniquais au pied de la Montagne Pelée.

Prochain article à l’île de la Dominique (cette fois sans la dengue !), avant d’aller découvrir la Guadeloupe. A très bientôt…

7 réponses à « Un p’tit Lu aux Antilles »

  1. Avatar de chajeakie
    chajeakie

    très intéressants commentaires sur les motif de la « crise » en Martinique. Ce ne sont pas des explications entendues en métropole… Le » petit » neveu a pensé quoi de son séjour avec vous,

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Nolann a été plus attiré par les poissons et les dauphins, que par les visites culturelles ! Mais il serait bien resté….

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  2. Avatar de veroplou
    veroplou

    Merci pour ces précisions intéressantes sur les mouvements en Martinique. Cela nous permet de rester au courant. Pour les ouragans, faux départ. Nous retardons de 4 jours en attendant que ça passe. Merci pour ces nouvelles et bonne Dominique 🇩🇲 sans la « dengue » 😉🤣 Besos

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    1. Avatar de Mangaliz
      Mangaliz

      Effectivement, nous avons vu que dans votre zone, la météo n’est pas zen !
      Ici, nous sommes confiants pour la fin de la période cyclonique, et il fait beaucoup moins chaud, voire un peu frais ! 😉

      On vous embrasse

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      1. Avatar de Kermary
        Kermary

        Très intéressant les informations sur les mouvements en Martinique car bien sur ici en France ils ne sont pass présenté comme cela. Super semaine entre culture et nature.

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  3. Avatar de Mangaliz
    Mangaliz

    Merci pour vos commentaires, vos likes et votre fidélité.

    On vous embrasse tous très fort !

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  4. Avatar de gabartc
    gabartc

    bonjour

    il y a 38 ans , le comportement et les propos de certains békés lors d’une soirée privée ( nous etions invités) en Guadeloupe nous avaient vraiment choqués ….

    Nous nous étions , alors , demandés comment la  » paix civile  » pouvait perdurer entre ces 2 communautés…

    bonne continuation !

    PS : Dominique va vous répondre !

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